Par ProfesseurBFM


Smash Bros : cross-over jubilatoire et hard core

Alors que le 3ème volume de cette désormais incontournable franchise de Nintendo mijote encore dans la marmite de Mr Masahiro Sakurai et son équipe (voir les informations diffusées au compte goutte sur le site : http://www.smashbros.com/), je devais rendre ici un hommage à ce phénomène vidéo ludique qu’est Smash bros. Pour faire bref, ce jeu de plate-formes-baston (sic !) réussi le tour de force d’être à la fois drôle (bourré de gags et d’allusions vidéo-ludiques), et d’une complexité diabolique.



La matière première du jeu : une mine de personnages, levels, items, etc. tirés des univers des jeux Nintendo. Un pastiche jubilatoire et marqué par un profond soucis du détail. Par exemple, les personnages ont tous leur propre façon d’utiliser les items, en fonction de leur style. Si les graphismes sont superbes et incroyablement fouillés (on découvre encore des détails amusants même après de nombreuses parties), l’ambiance sonore n’est pas en reste, mêlant excellents remixes et extraits originaux. C’est même un des rares jeux où peut venir une envie irrésistible de se marrer en entendant les sons et les musiques ! (Exemples : les cris d’encouragement du publique aux différents personnages, le gémissement de pikachu quand il est expulsé dans l’espace intersidéral, ou encore la mélodie hilarante de certains niveaux, etc.)

Mais venons-en à ce qui fait l’épine dorsale du jeu, c’est-à-dire le gameplay. Il s’inspire aussi bien des jeux de baston que des jeu de plate-formes (en faisant également des emprunts à d’autres jeux !). A cela s’ajoute un modèle physique où les personnages deviennent de plus en plus « léger » (donc, plus facilement expulsables de l’arène…) au fur et à mesure qu’ils prennent des dégâts.
Certes, le novice qui vient juste d’arriver sera sûrement propulsé dans tous les sens, perdu au milieu du délire que constitue une baston à 4 joueurs où la fréquence des bonus est réglée au maximum ! A ce novice innocent, il faut répéter : « patience ». De même que pour aborder une tâche complexe dans la réalité, il faut y aller pas à pas. Progressivement, on commence à comprendre ce qui se passe à l’écran et la frustration se change en auto-dérision. Mais il faut du temps, car le jeu est riche…



Enfin, même après avoir appris l’utilisation de tous les personnages, items et arènes, le plaisir ne s'essoufle pas. Bien au contraire, c’est là que commencent les choses vraiment sérieuses. En effet, chez les « pros », chaque coup, chaque item a son utilité (bien que certains ne sembles être en fin de compte que des gags !). Les tactiques bourrines qui brassent de l’air sont à proscrire. Tout est subtilité, et la pratique du jeu devient comparable à un véritable sport (cf les tournois de Smash Bros !).

Pour conclure, on pourrait jurer que les concepteurs de ce jeu, qu’ils soient designers, programmeurs, graphistes ou musiciens, ont reçu la consigne suivante : faire un jeu fun… par tous les moyens !
Smash Bros, c’est une grande fête et, n'ayons pas peur des mots, un chef d’œuvre du jeu vidéo.

Je vous présente "Wii"

On le savait, "Revolution" n'était que le nom de code de la nouvelle console de Nintendo. La nouvelle vient juste de nous arriver d'en haut: le véritable nom sera... "Wii" !
"Wii" ? Une petite page web officielle explique ce choix singulier. Pour faire vite, "Wii" se prononce comme le "we" anglais qui veut dire "nous", ce qui renvoie à l'idée que cette console est pour tout le monde. C'est-à-dire qu'elle s'adresse aussi bien aux joueurs de jeux vidéos invétérés qu'à ceux qui n'ont pas l'habitude de jouer. Oui mais voilà, la première réaction sur les forums et autres sites de jeux vidéos est très virulante ! Beaucoup de fans se sentent trahis par un nom qu'ils qualifient de ridicule et qui, selon eux, n'est pas un nom possible pour une console de jeux.



Certains sont effrayés à l'idée de devenir la risée des autres "gamers": il sera impossible de formuler la moindre phrase contenant "Wii"!... D'autres font des blagues grossières faciles avant de cracher sur Nintendo qui, décidément, ne fait que des mauvais choix en refusant de répondre à la communauté des joueurs. Finalement, ils finissent par dire qu'ils achèteront la console quand même, parce qu'ils n'ont pas le choix...
C'est vraiment dommage pour tous ces fans habitués à la fréquentation de sites de jeux vidéos, mais la nouvelle console ne s'adresse pas uniquement à eux ! Tout est donc normal en fait, et il faudra attendre que la console sorte dans le monde réel pour connaître l'impact de son nom. En attendant, le nom "Wii" est sûrement aussi original et différent que l'est l'étonnante manette qui accompagne la console.

Une histoire des jeux vidéos

L' histoire des jeux qui suit est non seulement sélective, mais elle est de surcrois très subjective. Je suis tombé dans le jeu vidéo à l'avénement de la Sega Master System, la console qui m'a marqué la première d'une façon indélébile. Elle proposait une grande diversité de jeux et d'accessoires (pistolet, lunettes 3D...). Presque tout de cette machine me paraissait bien à l'époque, des graphismes hauts en couleurs aux musiques cristallines. Chaque jeu était un territoire vierge à explorer. Rapidement, les jeux que je ne possédais pas suscitèrent une intense convoitise. Je me demandais : "qu'est-il possible de faire dans celui-là ?" Ce n'est qu'en découvrant leurs limites que mon enthousiasme retombait. Alors il fallait absolument m'en procurer d'autres, plus complexes et aux mondes plus vastes (Alex Kidd, Phantasy Star ci-dessous).



On peut dire que je me suis évadé de la réalité, un peu comme Alice ou beaucoup d'enfants. Les jeux étaient vivants et possédaient quelque chose de magique. Aujourd'hui, à l'aube de la Xbox360, la Playstation 3 et la Revolution, de tels sentiments me semblent bien loin. Evidemment j'ai grandit, mais ce n'est pas la seule raison. La grosse partie des jeux actuels me donnent l'impression de n'être que des copies, d'obéir strictement à des formules que l'on applique indéfiniement. Les jeux ont comme perdu leur existence propre et leur identité. Alors je ne m'intéresse plus qu'aux rares spécimens qui ouvrent encore des portes, et prennent des risques. Seule l'innovation garde un charme.

Mais revenons à mon histoire. Après la console de Sega est arrivée sa grande soeur, la Mega Drive. Les graphismes s'étaient considérablement améliorés, gage d'univers plus complexes (Revenge of Shinobi, Castle of Illusion...). A ce moment-là, la Master System semblait obsolète et enfantine. Pourtant j'ai compris plus tard que les jeux vraiment bons ne meurent jamais. Ensuite, j'ai connu un court interlude avec la Nec Pc Engine qui m'avait attiré par sa ludothèque exotique et le jeu à 4. Et puis j'ai vite complètement craqué pour la Super Famicom, la nouvelle génération de chez Nintendo. Il y avait en effet, dès le lancement, des jeux à la fois impressionnants (F-Zero) et originaux (Actraiser).



Leur étendard était Super Mario World. Malgré ses graphismes enfantins et minimalistes, il possédait une aura intense à cause d'innombrables astuces et possibilités de game-play. Un monde de fonctionnalités à explorer ! Il y avait encore bien d'autres excellents titres (Goemon Fight, Castelvania4, plus tard Zelda...). Le fameux mode 7 de la console permettait des zooms et des rotations des images qui étaient comme autant de tours de magie et ouvraient de nouvelles voies de game-play par rapport aux autres consoles de l'époque (boss en zoom, niveau en rotation, simulation en pseudo 3D).

Plus tard avec la Playstation, ce mode 7 est devenu à son tour obsolète, car ce fut l'explosion de la 3D. Cette fois un cap était franchit. C'est comme si les jeux avaient légèrement changé de vocation. Au lieu de requérir un effort d'imagination et d'inciter à la rêverie, ils visent désormais le réalisme et l'instantannéité. Sans doute est-ce pour cette raison que leur popularité s'est multipliée. Il y a eut certes dans cette période des bons jeux (Wipe out, Resident Evil, Final Fantasy7...), mais beaucoup me paraissaient paradoxalement pauvres graphiquement. Sans doute parce qu'ils souffraient de la comparaison avec l'univers et le réalisme qu'ils cherchaient à imiter. Ces jeux-là ont mal vieillit. Peut être était-ce néanmoins une étape nécessaire dans l'évolution. Mais à l'époque je constatais aussi un manque d'innovation. D'un côté certains genres se sont naturellement épanouïs avec la 3D, telles les simulations ou le sport. De l'autre on a tenté d'adapter tant bien que mal des formules qui ont fait le succès de la 2D, tels les jeux de plate-formes (Pandemonium, Crash Bandicoot). Pour ça il faudra attendre la Nintendo64 et son Mario64 pour voir la 3D enfin exploitée afin de servir le gameplay (première image ci-dessous).



Quelques temps après, je me suis fait plaisir en m'offrant la Dreamcast. Il n'y avait pas de révolution annoncée mais les graphismes étaient plus beaux, ils donnaient un aspect plus finis que sur Playstation et N64. Il planait également un esprit très Sega, une certaine personnalité, sur la ludothèque (Ecco the Dolphin, Crazy Taxi ci-dessus). Cependant, j'avais espéré mieux de cette console. Elle n'a pas développé le gameplay des jeux en 3D au-delà de ce que la Playstation avait déjà proposé.

Finalement, j'ai de nouveau zappé sur Nintendo et sa Gamecube. Cette fois j'avais espoire en une renaissance du "grand N". Le renouveau serait porté notamment par les nouvelles moutures des jeux phares : les Marios, Zelda et autres Metroïd... En fin de compte j'ai senti un léger parfum de nouveauté (notamment Metroïd Prime, ci-dessous), mais cette senteur était assez dispersée parmis des réitérations insipides (Mario Sunshine, Mario Kart Double Dash...) Alors, où en sommes-nous maintenant ? Est-ce la fin de la créativité ? C'est pourtant l'aube de nouvelles générations de consoles. La nouvelle Xbox a ouvert le bal. La PS3 et la Nintendo Révolution suivront. Laquelle repoussera les limites du jeu vidéo ? Si vous êtes un peu renseigné vous devinez certainement vers laquelle se tournent mes expectations. Les consoles de Sony et Microsoft promettent une grande puissance au service d'un réalisme toujours accru, quasiment cinématographique. L'innovation peut être portée par celà, mais ce n'est pas la seule alternative. Il semble plus probable malheureusement qu'on assiste à toujours d'avantage de "sequels" de jeux parfaitement normés (Halo2...). C'est le moule qu'il faudrait changer.



Je terminerai (enfin) cette petite histoire accélérée par une petite réfléxion sur ce que le jeu vidéo en général a de spécial. Il réunit évidemment différents médias : image, son, scénario, mise en scène etc. Mais tout celà, le cinéma l'avait déjà. Le propre du jeu vidéo, c'est bien sûr l'interactivité. Par conséquent, il est évident qu'une évolution des jeux doit intégrer des développements de leur interactivité. Celà comprend la façon dont on agit sur le jeu et la manière dont il réagit à nos commandes. Nintendo propose une approche intéressante en repensant à la base la manière dont on contrôlera les jeux (cf photo ci-dessus à droite). On peut dire que le "controller" de la Révolution lorgne du côté de la réalité vituelle. Voilà une perspective vraiment exaltante ! Pourtant, tout reste à faire. C'est aux programmeurs d'utiliser cette technologie à bon escient pour avancer de nouvelles idées sur la table et effectivement changer les règles du jeu. Je suis convaincu que tôt ou tard, les jeux vidéos finiront par évoluer dans ce sens, espérons seulement qu'il ne faille pas attendre trop longtemps.